Entreprise libérée : utopie ou réalité ?

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Faites ce que vous savez le mieux faire, soyez libres, responsables dans les actions que VOUS jugez bon et libérez-vous enfin du poids de la hiérarchie ! C’est possible avec l’entreprise libérée ! Introduit en France en 2009 par Isaac Getz, professeur à l’ESCP Europe, le concept de l’entreprise libérée compte remplacer le système hiérarchique vertical en faveur d’un nouveau modèle organisationnel. Celui de laisser aux salariés l’opportunité de s’auto-diriger et de co-décider de l’organisation de l’entreprise. Ce nouveau modèle d’entreprise ne dicte plus « comment travailler » à ses collaborateurs mais « pourquoi travailler ». Cette philosophie chemine vers l’épanouissement de l’équipe, le vivre-ensemble ainsi vers le bien-être au travail.

La définition de l’entreprise libérée ? Elle est simple : « C’est une organisation dont les collaborateurs ont à la fois la liberté et la responsabilité complète d’entreprendre toute action qu’eux-mêmes – et non leur patron – jugent meilleure pour l’entreprise », énonce Getz qui explique que l’entreprise libérée est un courant philosophique qui permet de concevoir autrement un modèle organisationnel. Le concept de l’entreprise libérée suscite beaucoup d’intérêt mais surtout beaucoup d’interrogations. Qu’en est-il exactement ?

L’émergence du concept « L’entreprise Libérée »

Le terme entreprise libérée a été popularisé, selon un compte-rendu, par Tom Peters, dans un ouvrage traduit en français en 1993 : Entreprise Libérée ; Liberation Management.. Cependant, celui-ci n’a apparu dans aucun des comptes rendus de l’édition originale du livre de Tom Peters. Plus tard, il a été repris et popularisé en France par l’ouvrage Liberté & Cie d’Isaac Getz et Brian M. Carney.

Le concept de l’entreprise libérée a été déployé dans plusieurs pays et entreprises notamment Favi, Poult, Chronoflex, en France, W.L. Gore & Associates et Harley Davidson aux États-Unis, HCL Technologies en Inde. En effet, dès 1958, las des lourdeurs de DuPont de Nemours, Bill Gore fonde sa propre entreprise W. L. Gore, Bill Gore & Associates. Il donne dès le début, une liberté d’action à ses collaborateurs en les responsabilisant. Soixante ans plus tard, l’entreprise devient une grande multinationale inventant le matériau Gore-Tex.

D’autres entreprises expérimentent l’apport de l’entreprise libérée telles que Decathlon, Auchan, Kiabi, Airbus, Orangina Schweppes, Michelin, la MAIF, IMATech, Biose, AxaBanque. Les organisations du secteur non marchand telles que plusieurs caisses de la Sécurité Sociale, les ministères belges de Sécurité Sociale et de Transports et Mobilité, Haute-Savoie HABITAT et quelques municipalités en France, s’adonnent aussi à l’entreprise libérée.

Face aux divers problèmes que soulève un leadership autoritaire avec son lot de démotivation, de stress voire de risques psychosociaux. Ce nouveau format d’entreprise vise à attirer de nouveaux talents en quête de sens et d’autonomie. La philosophie de l’entreprise libérée repose sur l’atteinte d’une motivation à travers l’auto-organisation.  L’intelligence collective valorise la diversité de pensée, renoue avec « l’erreur est humaine » et serait même source de performance et de bonheur au travail.

Ainsi, dans une entreprise libérée, avec l’absence d’une hiérarchie quelconque, le manager devient un servant leader  travaillant au service de ses équipes. Chacun gère ses horaires, ses congés et ses missions. Émerge alors une philosophie humaniste de conception de l’entreprise, laissant plus de place à l’apprentissage, au vivre-ensemble et à la productivité.

Comment tirer profit de l’entreprise libérée ?

Ce modèle d’entreprise présente de nombreux atouts.

Elle prône avant tout comme valeur fondatrice, la confiance en l’Homme.

  • Productivité et performance : Ce mouvement ne laisse pas seulement plus d’autonomie aux collaborateurs mais il améliore aussi leur qualité de vie, leur bien-être ainsi que leur motivation. Ils sont ainsi plus productifs et performants.
  • Collaboration : Les collaborateurs apprennent ensemble et collaborent pour atteindre tous les objectifs. Cela crée immédiatement une cohésion interne plus forte en misant sur l’intelligence collective. C’est l’opportunité de stimuler la cohésion et le travail collaboratif, facteurs clefs d’une vie professionnelle épanouie.
  • Facilité d’adaptation : Les prises de décisions au sein de l’entreprise ainsi que son organisation sont plus rapides et s’adaptent plus facilement aux changements des marchés.  
  • Innovation : Une entreprise libérée permet à tous les collaborateurs d’exprimer leurs idées et leur permet de prendre des décisions et des initiatives instantanément. Ainsi, celle-ci devient plus innovante rapidement et plus autonome.

En somme, une entreprise libérée prône de meilleurs résultats financiers et répond aux objectifs !  

L’entreprise libérée, est-elle vraiment efficace ?

Comme toute révolution, cette nouvelle organisation managériale suscite critiques et débats.

Voici les principaux :

Ce modèle n’est pas adapté à la culture française qui s’appuie sur un modèle pyramidal. Les salariés ne sont pas préparés à vivre un changement pareil à cause du modèle traditionnel ancré dans l’entreprise française.

Il y a toujours un risque de dérive voire d’anarchie. En effet, le trop nuit. Certains collaborateurs peuvent prendre le pouvoir au détriment des autres ou même abuser du trop de liberté pour procrastiner.

Si chaque collaborateur endosse plusieurs responsabilités à lui seul, cela peut engendrer un excès de stress, de pression voire de burnout.  

Il y a des gens qui pensent que l’entreprise libérée pourrait supprimer de nombreux postes notamment ceux des managers et des chefs de service. Getz souligne que ces  » cadres intermédiaires  » vont voir leur fonction évoluer en coach et animateur d’équipes pour les pousser à donner le meilleur d’eux-mêmes ! 

Comment devenir une entreprise libérée ?

Il existe deux approches pour devenir une entreprise libérée au sein d’une organisation existante : 

  •   le changement radical de type  » reengineering  » 
  •   le changement incrémental

Le changement incrémental est considéré comme étant le plus efficace. Il consiste à ouvrir progressivement l’espace d’autonomie des collaborateurs tout en réduisant le contrôle.  

Grâce à cette approche, le dirigeant prend de la distance sur le management quotidien pour laisser libre cours aux initiatives des collaborateurs. Si la perte de pouvoir signifie plus de liberté pour certains, pour les dirigeants, cela représente un frein et un travail personnel. De plus, c’est toute une nouvelle culture qui demande à être construite au sein de l’entreprise, celle sans hiérarchie.

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L'auteur
Rana Ramjaun
Responsable des contenus web chez MyConnecting, je partage mon expertise autour de sujets en lien avec la formation professionnelle et le développement des compétences.

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