Illectronisme : les oubliés du numérique

Digital

Qu’est-ce que l’illectronisme ? Comment y remédier ? Pourquoi est-ce important pour les sociétés de s’attaquer à ce fléau ?

La société traverse actuellement une période de rapide mutation technologique. Les ordinateurs sont en train de devenir à la fois un article ménager et un outil de pointe pour la plupart des entreprises ou autres lieux de travail. Les gens sont devenus de plus en plus dépendants des ordinateurs et ces derniers sont de plus en plus immergés dans notre vie quotidienne. Dans un monde de plus en plus intégré à la technologie, comment faire pour continuer à développer ses compétences en la matière et faire en sorte que des personnes ne soient pas décrochées par rapport à l’innovation numérique.

Le monde entier est interconnecté via Internet et les informations sont transférées à travers le monde en quelques secondes. Les ordinateurs sont de plus en plus petits et rapides et la quantité d’informations qu’ils peuvent stocker devient plus grande. Dans cette société de l’information et de la technologie, une nouvelle forme avancée d’alphabétisation menace d’affecter toute personne qui refuse d’entrer dans l’ère de l’informatique. L’illectronisme met en danger non seulement l’individu mais également l’économie d’un pays. Les ordinateurs sont la nouvelle langue n’en déplaisent à certains et ceux qui refusent de l’accepter seront exclus de la transformation numérique.

De l’illettrisme à l’illectronisme

Qu’est-ce que l’illectronisme ? Nous sommes tous familier avec le terme illettrisme, considéré comme un véritable fléau dans certains cas et un réel handicap pour les gens qui ne maîtrise ni la lecture, ni l’écriture ou le calcul. L’illectronisme est la transposition du concept d’illettrisme dans le domaine de l’information électronique. Dans beaucoup de pays développés, une
baisse significative du taux de personnes illettrées a été noté durant le siècle dernier. Mais désormais, au 21ème siècle, il faut aussi compter sur son pendant numérique : l’illectronisme. Ce terme est utilisé pour décrire le dénuement de certaines personnes face à la technologie informatique ainsi que les outils électroniques en général. Le terme englobe à la fois les carences en connaissances sur comment utiliser un ordinateur, une tablette ou un smartphone, comme par exemple :

  • envoyer un courriel
  • ouvrir une pièce-jointe
  • télécharger une application
  • naviguer sur le web

Mais cela concerne également les difficultés rencontrées par les personnes à comprendre ou maîtriser le contenu du web, par exemple vérifier une information ou repérer une arnaque.

L’illectronisme en France

Une étude de l’institut CSA pour le Syndicat de la Presse Sociale (SPS) en 2018, fait le constat suivant : 23 % des Français, soit 11 millions de personnes, disent ne pas être « « à l’aise avec le numérique ». En outre, près d’un tiers des Français disent renoncer à entreprendre des démarches, quelles soient administratives ou si elles concernent un emploi ou une formation, si cela requérait d’utiliser internet. On constate également que 7 % trouvent même « difficile » le simple fait de naviguer sur des sites Web.

Parmi les catégories de la population qui sont les plus touchées, on retrouve sans surprise les personnes âgées : 58 % des plus de 70 ans disent trouver difficile de s’y retrouver avec la navigation sur des sites Internet. Le but de l’étude était de « sensibiliser » le grand public mais aussi « alerter et inciter les professionnels du Web et les pouvoirs publics à concevoir des sites plus simples d’accès ».

Les « abandonnistes »

Autre phénomène que pointe l’étude est celui des abandonnistes. Cela concerne celles et ceux qui déclarent avoir renoncé, dans les douze derniers mois, à effectuer une démarche, que cela concerne les loisirs (55 %) ou une question administrative (39 %), parce que l’utilisation d’internet était nécessaire. Les gens qui constituent la catégorie des abandonnistes sont issus de différentes couches de la population et essaient de contourner le problème en demandant l’aide :

  • d’un membre de leur famille – 76 %
  • un ami « qui s’y connaît » – 32 %
  • un service associatif d’aide en informatique – 15 %

L’illectronisme : un enjeu sociétal national

La lutte contre la fracture numérique était considérée comme l’une des priorités pour le secrétaire d’État au numérique, Mounir Mahjoubi. Ce dernier a commandé un rapport à France Stratégie qui mesure les bénéfices socio-économiques d’une meilleure inclusion numérique. On constate que les gains sont colossaux :

  • 60 millions d’euros par an de gains de pouvoir d’achats – grâce notamment à l’accès à des prix plus compétitifs, des promotions sur internet, et par le recours à l’économie collaborative (Leboncoin, petits services entre particuliers…)
  • accroissement de productivité au travail évaluée à 360 millions d’euros de revenus supplémentaires
  • 450 millions d’euros d’économie pour l’administration avec un meilleur développement des télé-procédures…

Ainsi, la formation au numérique des 14 millions de Français qui souffrent d’illectronisme générerait, au total, un bénéfice évalué à 1,6 milliard d’euros par an.

L’importance de la culture informatique

Il fut un temps où les compétences informatiques étaient un ensemble de compétences facultatif. Maintenant, la maîtrise de l’informatique est une compétence obligatoire pour réussir à l’école, sur le marché du travail et dans la vie quotidienne.

Bien que les enfants de nos jours soient souvent considérés comme des «natifs du numérique», certains facteurs socio-économiques peuvent affecter la capacité d’un enfant à acquérir des connaissances en informatique adaptées à son âge. Les ordinateurs portables et les tablettes sont de plus en plus utilisés dans les écoles et les compétences en informatique constituent une nécessité pédagogique chez les élèves. Les étudiants qui n’acquirent pas les compétences informatiques adaptées à leur âge, telles que la recherche en ligne et l’utilisation judicieuse d’Internet, peuvent prendre du retard dans leurs cours et avoir du mal à maintenir leurs notes. De telles difficultés peuvent même continuer jusqu’à l’âge adulte.

L’illectronisme sur le marché du travail

Les ordinateurs ont simplifié presque tous les aspects de la journée de travail pour les employés et les entreprises du monde entier, faisant de la connaissance de l’informatique une compétence essentielle à chaque étape du processus d’embauche et de travail. Le plus souvent, les entreprises qui cherchent à pourvoir des postes exigent des soumissions de CV en ligne de la part des candidats potentiels. Les entreprises sont également plus susceptibles d’embaucher des candidats connaissant bien l’informatique, car ces candidats mettent moins de temps à se former et sont plus efficaces dans leur travail.

La formation continue

Une des réponses à l’illectronisme est bien évidemment la formation. Pour ceux qui se sentent dépassés par le numérique ou en passent de l’être, sont menacés par un phénomène d’obsolescence personnelle programmée et il est important de faire des mises à niveaux ou acquérir les connaissances nécessaires pour rester compétitifs. Le développement des compétences des collaborateurs et leur adéquation avec les métiers de demain sont des préoccupations majeures de MyConnecting. Conscient de l’importance de la transition digitale que vivent aujourd’hui les entreprises et leurs salariés, quel que soit le secteur, et de l’importance d’avoir une stratégie digitale, MyConnecting propose une offre de formation digitale unique sur le marché. Les collaborateurs sont d’abord sensibilisés aux enjeux du digital et ensuite nous leur proposons des formations personnalisées par rapport aux besoins spécifiques de leurs métiers et pour qu’ils puissent maîtriser les nouveaux outils.

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L'auteur
Rana Ramjaun
Responsable des contenus web chez MyConnecting, je partage mon expertise autour de sujets en lien avec la formation professionnelle et le développement des compétences.

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