Effet Mozart : Écouter Mozart rend-il plus intelligent ?

Pédagogie

« L’effet Mozart » figure en 6e position de la liste de légendes dressée par le psychologue américain Scott E. Lilienfeld : 50 Grands Mythes de la psychologie populaire (50 Great Myths of Popular Psychology, 2009). Plusieurs études ont été menées pour détecter l’influence de la musique surtout celle de Mozart sur l’intelligence. Il est vrai que la musique permet de se relaxer et de s’exprimer pourtant la question subsiste : écouter Mozart rend-il plus intelligent ?

Plusieurs chercheurs se sont penché sur la question concernant le fameux « effet Mozart ». Certains ont même pensé démontrer que le fait d’écouter Mozart dix minutes par jour, permettrait de développer quelques aptitudes telles que le raisonnement dans l’espace ou un meilleur état d’esprit. Mais à quel degré la musique de Mozart a-t-elle un impact sur l’intelligence de tout un chacun ?

À propos de l’effet Mozart

Associé à un développement accéléré, Mozart jeune prodige de l’histoire, ne cesse de nous fasciner. Ce dernier a réalisé de multiples exploits de mémoire et de dextérité musicale pour les rois et les reines depuis sa plus tendre enfance. La musique exerce, toujours, un effet de détente sur toute personne mais de là à augmenter les capacités cognitives…

Neuromythes : Cette idée découle d’une étude réalisée en 1993 par Gordon Shaw, physicien Francis Raucher, ancien violoncelliste de concert et expert en développement cognitif qui lancent l’hypothèse et donne naissance au mythe le plus connu, celui de l’effet Mozart. Il s’agit de l’étude selon laquelle des étudiants ayant écouté la Sonate pour deux pianos en ré majeur de Mozart (K 448) ont présenté une nette amélioration lors d’un test de raisonnement spatial. Shaw et Rauscher sont à l’origine d’une véritable industrie. Ils ont créé leur propre institut: le Music Intelligence Neural Development Institute (ou M.I.N.D.) 

De plus, un engouement fulgurant se déclencha par les médias pour le musicien et entrepreneur Don Campbell, qui publia en 1997 le best-seller L’effet Mozart: Exploiter le pouvoir de la musique pour soigner le corps, renforcer l’esprit et déverrouiller l’esprit créatif. Selon Campbell, la musique de Mozart posséderait des pouvoirs miraculeux pour le cerveau. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre et les rats, plantes ainsi que les femmes enceintes écoutent du Mozart. Même le gouverneur de Géorgie a fait envoyer des CD de musique classique aux parents de nouveau-nés de l’État.

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L’effet Mozart : Mythe ou réalité ?

Pourtant, plusieurs analyses ont été faites pour attester si l’effet Mozart est un mythe ou une réalité. Des méta-analyses effectuées sur l’effet Mozart présentaient des résultats contradictoires.

Jakob Pietshnig de l’université de Vienne (Autriche) et ses collègues, dans un article paru dans la revue Intelligence, ont ainsi mené près de 40 études, 104 échantillons indépendants et plus de 3 000 participants sur le sujet. Ils en ont conclu ceci :

1. Des échantillons de personnes ayant écouté la sonate de Mozart KV 448 ont obtenu des résultats significativement supérieurs dans les tâches spatiales que des échantillons de personnes exposés à des stimuli non musicaux ou à l’absence de stimulus.
2. Des échantillons de personnes ayant écouté un autre type de musique ont obtenu des résultats significativement plus élevés pour les tâches spatiales que des échantillons de personnes exposés à des stimuli non musicaux ou à l’absence de stimulus.
3. La taille des études menées par des chercheurs affiliés aux laboratoires de Frances Rauscher (la chercheuse à l’origine de « l’effet Mozart ») était trois fois plus élevée par rapport aux études publiées par d’autres laboratoires.

Jakob Pietshnig et ses collègues chercheurs concluent, après de subtiles arguties :
« Dans l’ensemble, il ne reste que peu de choses pour soutenir la notion d’une amélioration spécifique de l’exécution de tâches spatiales par l’exposition à la sonate KV 448 de Mozart. »
C’est-à-dire que l’effet Mozart n’exerce pas un effet miracle sur la capacité intellectuelle.

Qu’en est-il de la pratique d’un instrument ?

D’autres recherches démontrent que de faire de la musique agit plus vite sur le cerveau que d’écouter de la musique. Eh oui ! L’apprentissage de la musique développe le cerveau, augmentant le corps calleux (la partie du cerveau qui relie les deux hémisphères du cerveau entre eux) et modifie les gènes favorisant la mémoire et l’apprentissage. Cela suit la théorie de Howard Gardner sur les intelligences multiples car la musique sollicite l’ensemble des huit intelligences.

Selon Laurel Trainor, apprendre à jouer d’un instrument présente de nombreux avantages :
« L’enfant doit tenir un instrument, positionner ses mains, écouter le son émis par l’enseignant, le reproduire, le garder à l’esprit et le comparer, évaluer la hauteur et la qualité du son, et le modifier si nécessaire, ce qui demande une énorme quantité d’attention. L’apprentissage musical enseigne aux enfants comment accomplir certaines tâches, ainsi que développe la mémoire. » D’autres chercheurs ont également réussi à montrer le lien avec certaines aptitudes, comme la mémoire verbale, la lecture, la concentration et une meilleure acuité auditive.

L’universitaire Glenn Schellenberg, explique,lui, que la pratique de la musique permet aux enfants de développer plus vite leur coefficient intellectuel. En somme, le rapport entre la pratique d’un instrument et le développement de l’intelligence est inéluctable.

Pour faire court, la musique vous inspire et peut vous motiver à travailler plus mais ne présente pas de grand effet sur le cerveau mais pratiquer de la musique stimule bel et bien les zones du cerveau.

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L'auteur
Rana Ramjaun
Responsable des contenus web chez MyConnecting, je partage mon expertise autour de sujets en lien avec la formation professionnelle et le développement des compétences.

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