L’erreur, une amie qui vous veut du bien !

Pédagogie

L’Erreur avec un grand E nous fait tous froid dans le dos car nous la redoutons et pourtant nous pouvons également la regarder tantôt avec nostalgie lorsque nous pensons à nos erreurs de jeunesse, tantôt à d’interminables fous rires quand celle-ci est saugrenue. Dans ces éclairs de conscience apaisée, nous avons réussi à positiver l’erreur, à lâcher prise avec elle, à se dire qu’elle a été finalement constructive pour ce que nous sommes désormais et pourtant celles-ci nous tétanisent toujours autant lorsque nous apprenons une langue. Pour en savoir plus sur la Pédagogie MyConnecting, remplissez le formulaire.

Pourquoi ne parvenons-nous pas à être plus indulgents avec nous-mêmes ?

Il s’agit là, de mon point de vue, à la fois d’une question de rapport à notre histoire personnelle et d’une question d’approche culturelle.

L’erreur, la faute (qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler d’un point de vue lexical le lien avec la morale) est en lien avec la note, l’évaluation, le contrôle, le bilan, le test, le devoir (tiens, tiens, morale quand tu nous tiens !). Pour beaucoup d’entre nous, il s’agit de la conséquence négative de l’évaluation et pour certains, elle peut être en lien direct avec un quasi-trauma lié à l’enfance, celui d’avoir parfois eu honte de se tromper, de ne pas savoir, d’avoir fait le mauvais choix. L’erreur a donc été pendant des décennies les prémisses à la sanction, la mauvaise note, le zéro voire pire le -25 de la classe prépa…

Une erreur à la française ?

Dans la culture française, l’erreur est souvent sanctionnée, elle est moins encouragée que dans d’autres cultures qui ont plus l’habitude de voir la bouteille à moitié pleine qu’à moitié vide. Tous ceux d’entre nous qui ont vécu à l’étranger savent à quel point le rapport à l’erreur est différent. Sans être provoquée, elle est accueillie de manière plus positive et elle permet une analyse comme par exemple dans les cultures du Nord de l’Europe pour devenir à la fois un levier pour grandir, un levier de motivation mais également un levier à l’innovation. Quelle invention n’a pas commencé d’abord par des erreurs ? Aucune bien entendu. Il a fallu se tromper, se lancer, chercher, recommencer, lâcher prise !

J’aimerais illustrer ici mon propos avec ce constat que j’ai souvent fait à Amsterdam : loin de protéger leurs enfants de tous les « dangers » du jardin d’enfants ; les mamans néerlandaises encouragent leurs enfants et lorsqu’ils tombent, elles ne se précipitent pas pour les consoler. Elles vérifient qu’il n’a rien de grave et le laisse revenir à ses occupations de jeu. En un mot, elles les rendent actifs et agiles dans leur gestion constructive de l’erreur. L’erreur rend agile alors que nous la vivons souvent dans la culture française comme paralysante et stérile.

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Comment vivre l’erreur comme levier d’apprentissage ?

Je dirais que pour bien vivre l’erreur dans sa formation et devenir agile grâce à elle, il faut dans un premier temps restaurer un lien positif avec l’évaluation.

En effet, l’évaluation doit être dédramatisée et pour se faire nous sommes convaincus qu’il faut bien la préparer en amont afin de permettre un diagnostic serein. Elle doit avant tout avoir du sens pour la personne qui se fait évaluer ! C’est la raison pour laquelle, chez MyConnecting, nous expliquons précisément en amont en quoi consiste l’évaluation initiale à chacun de nos apprenants. Nous la préparons en lui donnant son sens de photographie du niveau sans jugement de valeur en la dédramatisant le plus possible, en rassurant les apprenants anxieux.

Pour mieux vivre ce passage que certains vivent comme délicat, préparez votre évaluation initiale ou finale d’ailleurs! Renseignez-vous ! Demandez comment celle-ci se déroule ! Qui seront vos interlocuteurs ? Quelles en seront les conditions ? Comment les résultats seront transmis ? Comment pouvez-vous vous y préparer en amont ?

Cette évaluation, nous l’avons également voulue sous forme de jeux et nous invitons nos apprenants à se mettre en situation. Parfois jouer quelqu’un que nous ne sommes pas peut nous aider à sortir de nous-même pour obtenir de meilleurs résultats. Cette démarche permet à l’apprenant d’être plus serein durant sa photographie de niveau car les mises en situation sont ludiques et au formateur de mieux évaluer grâce à un process unique MyConnecting aligné sur les référentiels européens de niveau (cf. Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues).


Comprendre les racines de l’erreur

Il est très important, d’un point de vue pédagogique que le formateur comprenne quelles sont les raisons de l’erreur. Ancrer une erreur dans une dimension culturelle, historique parfois, géographique, linguistique permet de comprendre les raisons qui ont amené à se tromper. Une fois comprise, l’erreur n’est pratiquement plus répétée. Elle a donc été levier d’apprentissage mais également, grâce à elle, nous avons pu prendre conscience de notre appartenance culturelle. Ceci est souvent le cas des proverbes, essayez de traduire nos proverbes et nos expressions dans une langue étrangère, vous y verrez souvent un reflet d’une conception du monde d’un point de vue national! Par exemple, les Anglais utilisent l’expression « When pigs fly » alors que les Français préfèrent « Quand les poules auront des dents ». Si vous étudiez l’arsenal d’expressions et de proverbes français, vous verrez que nombre d’entre eux ont trait à la basse-cour.

Partir de l’erreur pour en faire un levier d’apprentissage !

Dans cette démarche de réflexion constante sur nos pratiques, nous mettons en place chez MyConnecting toute une réflexion avec l’équipe pédagogique sur l’apprentissage de l’anglais grâce à des techniques théâtrales bien connues afin d’aider les apprenants à mieux gérer leur appréhension de l’erreur, leur stress.

Je suis d’ailleurs très heureuse de vous annoncer que nous allons mettre en place des ateliers théâtre pour ramener cette confiance à ceux qui en manquent et permettre un apprentissage encore plus créatif de la langue anglaise.

La pédagogie de l’erreur, c’est l’affaire de tous : pas seulement des enseignants ou des formateurs mais également celle des parents, des managers. Mettons la volonté d’essayer au cœur de notre réflexion sans stigmatiser l’erreur au sein de nos développements personnels, de la manière d’éduquer nos enfants, de manager nos équipes. Encourageons de manière bienveillante un adulte, un collaborateur ou un enfant qui essaie, même si l’erreur en est la conséquence. Ici réside notre rôle d’enseignant, de formateur, de manager ou de parent.

En conclusion, je me trompe donc je suis !

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L'auteur
Rana Ramjaun
Responsable des contenus web chez MyConnecting, je partage mon expertise autour de sujets en lien avec la formation professionnelle et le développement des compétences.

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